DOSSIER: BONHEUR & SOLITUDE

Témoignage

Marie-Noëlle VAES

Vivant seule depuis 10 ans, on me demande souvent si je n’en souffre pas.

Oui et non.  C’est un sujet à nuancer car il y a plusieurs formes de solitude.

Je ne souffre pas de solitude matérielle et je peux donc assumer seule mon quotidien, veiller sur ma maison et régler toutes les tâches de gestion administratives ou d’entretien de moi-même.

Par contre je parlerais plutôt de solitude affective.  La vie a fait que 2 de mes enfants et 4 de mes petits enfants habitent loin.  J’ai heureusement encore deux enfants célibataires à Bruxelles, qui sont bien occupés par leur job et leur quotidien.  Malgré leur affection et leur proximité, ce n’est pas le même genre d’affection que celle d’un époux.  Ce qui me manque c’est la complicité, le bien-être physique de cette présence très spéciale, les projets partagés et l’impression d’être importante dans le quotidien de l’autre.  Même une amie ne peut combler ce vide car elle a sa propre vie sur laquelle je n’ai aucune prise.

Heureusement j’ai connu ce bonheur partagé qui laisse des traces de bienfaits sur ma personne.  L’âge et la santé font que l’avenir doit se bâtir maintenant sur d’autres ressourcements et d’autres joies, jour après jour.

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