DOSSIER: le savoir du futur

Le transhumanisme…

Par Sylviane HANCQ

Lorsque je me suis engagée à rédiger un article sur le transhumanisme, je dois bien avouer que, si j’en avais entendu parler je n’en connaissais pas vraiment le contenu. Ce mouvement culturel et intellectuel est international mais s’est surtout développé en Europe et aux États-Unis à partir de la Silicon Valley. L’afflux de moyens financiers qui a suivi l’essor des sociétés créatrices de nouvelles technologies a encouragé et donné des moyens à la recherche tant fondamentale qu’appliquée. Il s’en est suivi un développement des sciences et des techniques qui visent à améliorer la vie des êtres humains, qu’il s’agisse de leur corps, de leur esprit, de leur psychisme, afin de leur permettre de vivre plus longtemps tout en gardant une bonne santé et des capacités intellectuelles ou physiques de haut niveau.

Nous avons la chance de vivre dans une période où les progrès des sciences et techniques sont exponentiels et finalement même si nous sommes admiratifs, cela nous semble naturel. Des découvertes extraordinaires ne valent que quelques secondes, voire une minute aux actualités télévisées tandis que des faits divers se voient attribuer un temps d’audience dix fois plus important. Il y a peu, un nouvel exemple de ce progrès de la science et de la technique apparaissait sur nos écrans : un tibia créé par une imprimante en trois dimensions a été implanté sur la jambe d’un homme qui risquait l’amputation. Les exemples de ces progrès sont multiples et il faut reconnaître que l’espérance de vie dans nos pays occidentaux, pour ne citer que ce qui nous concerne, s’est élevée de manière remarquable en quelques générations. Les centenaires sont légion et on estime à 115 ans l’âge que l’on atteindra prochainement.

Ces mêmes technologies qui se développent dans tous les domaines (information, médecine, nanotechnologie et intelligence artificielle – pour n’en citer que quelques-unes) ouvrent la voie à une nouvelle conception de la vie terrestre : une approche d’une vie sublimée où la vieillesse et la maladie reculent au profit d’un quatrième ou cinquième âge heureux voire perpétuel !

Les transhumanistes y travaillent et y croient. Ils veulent permettre à la condition humaine d’accéder à un avenir merveilleux. L’aide des machines intelligentes, la modification des humeurs négatives, l’action des nouveaux médicaments sur la personnalité, la colonisation prochaine de l’espace, la nanotechnologie qui est déjà tellement présente dans nos vies : toutes ces techniques et leurs développements se manifestent déjà souvent à notre insu dans notre quotidien. Les transhumanistes, pour leur part, y travaillent dans un même esprit : assurer un devenir heureux à l’homme.

A lire ces bonnes intentions nous sommes à mille lieues du monde dans lequel nous vivons ravagé par les guerres, la violence et la destruction de notre environnement. Les dirigeants de nos pays sont-ils prêts à relayer ces recherches pour en faire profiter le plus grand nombre ? Nous aimerions peut-être que ces chercheurs les mettent à profit pour réguler les changements climatiques qui se profilent ou la désertification. Peut-être y travaillent-ils déjà ?

Entre imaginaire et réalité, entre recherche fondamentale et mise en pratique, l’Homme a toujours oscillé. Le rêve d’immortalité a toujours été présent. Entre rejet pur et dur et alternative positive nous devons rechercher et encourager une meilleure compréhension du progrès technologique, de l’esprit inventif de l’homme créateur de nouveaux outils qui nous permettent de surpasser nos limites.

Notre monde se trouve donc à la croisée des chemins et en pleine mutation ? En attendant l’avènement de l’homme à venir, résistant à la maladie, bénéficiaire de l’éternelle jeunesse, maître de ses désirs et de ses humeurs, capable d’annihiler la fatigue et gardant toute capacité au plaisir, à l’amour, à l’art, gardons nos esprits ouverts face à la rapidité inédite des changements technologiques et scientifiques car de toute manière la marche arrière n’est plus possible. Faisons également confiance aux philosophes, aux savants, aux chercheurs qui continuent à étudier l’évolution de nos civilisations et nous mettent en garde contre les dérives possibles. Enfin n’oublions pas notre responsabilité et notre engagement de citoyen qui nous permettent de témoigner et de faire connaître nos choix pour la société de demain. Donnons-nous rendez-vous en 2050 pour faire le point !

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