INTERCULTURALITE

Vivre en société plurielle

Par Isabelle LOSSEAU-SENY

Le 20 avril 2013, le Conseil Interdiocésain des Laïcs (CIL)* a convié ses membres et sympathisants à une rencontre visant à prendre en compte les mesures de la société plurielle.

L’objectif de cette journée était d’amener (ou de renforcer) chez les participants la conviction que la pluralité de notre société recèle un énorme potentiel de vie, pour chacun de nous et pour l’humanité toute entière.

À la lumière des déclarations universelles des droits de l’Homme, Eddy Caeckelbergs nous a dit que nous étions « tous en quête de bonheur », mais travaillés par « des peurs dont on ne guérit pas par une table ronde ».

Quelques phrases que je trouve porteuses de sens :

« Lutter contre la peur de l’autre, c’est d’abord reconnaître la part de l’autre qui est en soi »
« Ne pas systématiquement affecter les comportements de l’autre à une trajectoire culturelle »

« Importance de bien appréhender et de bien comprendre les grands textes fondateurs pour éviter, quelle que soit la conviction, les querelle entre les membres d’une même chapelle ! »

« Cohérence dans notre rapport à l’autre : Est-ce que nous sommes lisibles lorsque nous avons deux poids, deux mesures ! »

 

Un groupe de théâtre action (SAPRISTI), sur base des interventions du public, a osé l'échange tous azimuts à travers la confrontation des âges, le choc des cultures, le racisme ordinaire et libéré, ainsi que la capacité de chacun à accepter un proche qui vit autrement :
« le problème, c'est toi qui le crées par ce que tu vois ou ce que tu dis ».

 

Les participants se sont répartis en ateliers pilotés par un animateur, accompagné d’un « témoin », ateliers centrés sur des domaines où existent des positionnements différents, voire des cloisonnements antagonistes. Ecole, habitat, famille, hôpital, travail, etc.

 

Myriam Tonus, en plénière, s’est efforcée de dégager les principaux points de convergence qui sont apparus lors des ateliers thématiques :

Elle a fait l'inventaire des moyens dégagés pour :

  • Vivre ses peurs, échanger et oser découvrir; trouver les lieux et les moments qui permettent de passer là où l'on peut faire sienne « la part de l'autre ».
  • Mais aussi : parcourir les pages de la Torah, du Coran, de l'Évangile ou les déclarations des droits humains, pratiquer le bilinguisme des langues ou des modes de vie, fréquenter les frontières où des métissages réinventent l'avenir.
  • Ou encore : ne pas généraliser les dérogations qui contribuent à créer des ghettos et troquer la société des incivilités,  intrusions et incompréhensions pour un cadre politique ou civil où je peux accueillir l'autre dans mon espace ; oser concilier le rond de l'espace familial et les aspérités du carré scolaire et d'organisations sociales ; connaître nos propres codes et apprivoiser ceux de nos voisins, car cela permet de structurer sa colonne vertébrale tout en découvrant sa souplesse par l'exercice,
  • sans oublier que le pluriel des vécus et des comportements s'apprend dès l'enfance.

 

J’ai aimé la conclusion de Michel Kesteman, conseiller théologique du CIL : « Devenir humains à plusieurs, c'est un véritable sport, pratiqué aujourd’hui à plusieurs entre profs de religion islamiques, juifs et chrétiens, membres de toutes les générations, évêques et laïcs, penseurs de la laïcité ou libres-penseurs. Un singulier pluriel plein d'esprit, sapristi » !

 

 (D’après mes notes et un article paru dans Eglise-Wallonie)

 

* Le CIL a renouvelé son site internet www.cil.be et diffuse son trimestriel « Sillages » par courrier électronique

Adresses : cil@cil.be et CIL, rue Guimard, 1, 1040 Bruxelles.

 

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