DOSSIER : Pour adoucir une société violente

La prison : répondre à la violence par la violence ?

Par Elisabeth PAQUE

La violence est multiple et présente partout. Elle est en nous, elle est dans l’enfant, en famille, à l’école, en rue, dans les jeux (vidéo…), dans les sports, envers les policiers, les agents de transports en commun…

Une forme de violence naît d’un sentiment d’injustice, et parfois de la précarité qui l’accompagne… Robin des bois ne volait-il pas les riches pour combler cette injustice qui touchait les pauvres ?

Chacun de notre côté, nous pourrions faire preuve d'une réelle compassion pour les « laissés pour compte » de notre société : SDF, chômeurs, sans papiers, alcooliques ou drogués… et pour tous ceux qui vivent dans une immense détresse matérielle et/ou affective. Et surtout, il nous faut admettre qui si des hommes ou des femmes ont commis le pire, cette agressivité qui était en eux aurait pu se développer en nous aussi !

A la violence qui conduit celui qui en est coupable en prison, faut-il répondre par des peines de plus en plus incompressibles ? Si l'espoir d'une possible réinsertion est perdu, la spirale de l'agressivité en milieu carcéral s'amplifiera, tant du côté des détenus qu'en réponse, du côté des agents pénitentiaires.
Le réflexe sécuritaire de nos sociétés est d'emprisonner les "méchants" ! On les néglige en estimant qu'ils n'ont que ce qu'ils méritent.
Et pourtant, nous partageons avec eux quelque chose d’essentiel : notre condition humaine, avec ses faiblesses mais aussi ses forces et ses espoirs.

Il y a urgence à répondre au problème de la surpopulation carcérale ! Il y a urgence à ne plus répondre à la violence par la violence !

En amont de la violence, il y a de l'espoir à trouver dans toutes les structures qui se préoccupent de ceux qui souffrent car ils se sentent bafoués. L’écoute et la parole sont les composantes essentielles de ces structures ; cette écoute et cette parole qui, trop souvent sans doute, ont manqué dans la vie de ces personnes…

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