PRIERE

Extrait d’une méditation du cardinal Carlo Maria Martini

Tout le mystère de Noël, de la naissance de Jésus à Bethléem, est d’une simplicité extrême, comme la crèche.

Pauvreté, simplicité, joie : des mots très simples, élémentaires, mais dont nous avons peur et presque honte.

Il nous semble que la joie parfaite n’est pas convenable, parce qu’il y a toujours tellement de choses dont nous devons nous inquiéter, tellement de situations ratées, injustes. Devant tout cela, comment pourrions-nous jouir d’une vraie joie ?

Mais la simplicité elle non plus, n’est pas convenable, parce que là aussi il y a tellement de choses dont il faut se méfier, des choses compliquées, difficiles à comprendre, parce que les énigmes de la vie sont tellement nombreuses : comment pourrions-nous, devant tout cela, jouir du don de la simplicité ?

Et la pauvreté n’est-elle pas une condition à combattre et à extirper de la terre ?

Mais jouir d’une joie profonde ne veut pas dire ne pas partager la douleur pour l’injustice, pour la faim dans le monde, pour les si nombreuses souffrances des personnes. Cela veut simplement dire avoir confiance en Dieu, savoir que Dieu sait toutes choses, qu’il prend soin de nous et qu’il suscitera en nous et chez les autres ces dons que l’histoire exige ; et c’est ainsi que naît l’esprit de pauvreté : en se fiant totalement à Dieu. En lui, nous pouvons jouir d’une plénitude de joie, parce que nous avons touché le Verbe qui guérit de toutes les maladies, de toutes les pauvretés, de toutes les injustices, de la mort.

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