EDITO

Entre désir et renoncements : la simplicité

Par Françoise OVYN

Qu’il est simple, et compliqué d’aborder le sujet de la simplicité volontaire ! Le militantisme de certains donne parfois le tournis et l’impression de sophistiquer davantage nos modes de vies que de les simplifier ! Nous sommes tellement bien ancrés dans nos habitudes et un certain confort matériel que tout retour en arrière nous semble invivable, voire et pour certains pratiquement impossible. N’avons-nous de tout temps été programmés pour progresser et cette dynamique positive ne nous a-t-elle libérés de contraintes astreignantes pour un mieux être ?

N’empêche ! L’invitation à simplifier ce qui est compliqué prend tout son sens dans une société compétitive où nous aurions plus à prouver, envier et posséder qu’à aimer ou être simplement bien ensemble. Qui n’a dès lors aspiré à un espace de liberté intérieure et de dépouillement de nos manières de faire, loin des opinions de ceux qui ne sont pas nous mais le tintamarre de l’agitation perpétuelle qui nous entoure et la course folle derrière tous les possibles et les paraître ?

Ne vivons-nous trop souvent dans l’urgence, au rythme de nos agendas surchargés comme si mettre les bouchées doubles pouvait repousser nos limites et combler le vide qui nous panique ? Qui n’a alors désiré au plus profond de lui-même « s’asseoir au milieu du désastre » de ses encombrements et dégager le puits jusqu’à la source ?

Dans le brouhaha de décembre et de ses nuits sans fin, nous célèbrerons Noël. Temps d’arrêt et de grâce qui nous convie à la contemplation d’une scène naïve où tout est présence et don. Dans ce lieu de dénuement qu’est la crèche, chaque personnage nous touche et nous ressemble. Le bon sens populaire qui n’a cessé au cours des siècles de nourrir ce mystère d’histoires merveilleuses ne s’est pas trompé : cette précarité divinement reconnue est nôtre. Elle  exige Dieu et sa nécessaire solidarité,  ici accomplie.

Tels les mages et les bergers en quête d’une étoile ou d’une aube nouvelle serons-nous des hommes de bonne volonté, passeurs de sens, d’alliances et de capacités créatrices qui nous engagent à vivre « avec », présents au monde et à nous-mêmes plus qu’à vivre « sans » la résonance joyeuse d’un bonheur simple et partagé ?

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